Mardi, Août 22, 2017

ESPACE PRESSE

 

Le Prix du Café des Psaumes attribué à Laurent Seksik

http://larchemag.fr/2014/01/20/946/le-prix-du-cafe-des-psaumes-attribue-a-laurent-seksik/

 

Le 1er prix littéraire du Café des Psaumes sur le site du Nouvel Observateur :

http://bibliobs.nouvelobs.com/sur-le-sentier-des-prix/20140113.OBS2173/la-rue-des-rosiers-va-remettre-son-premier-prix-litteraire.html

 

Le café des psaumes à l'antenne de Radio J

Découvrez l’interview sur Radio J de Michaël Rapaport, Responsable du Café des Psaumes à Paris, dans laquelle il revient sur ce beau projet porté par l’OSE.

Pensé pour être un lieu de rencontres intergénérationnelles, le Café associatif de l’OSE tient toutes ses promesses aujourd’hui, en proposant chaque semaine concerts et conférences gratuits.

3 ans déjà que le lieu revit, au cœur du « pletzl » !  A noter dès maintenant  dans vos agendas: la date anniversaire du  15 décembre, célébrée à la mairie du 4e. Une  date importante pour la vie du café et celle de l’OSE.

 

Ecoutez l'interview

 

L'Arche (6/08/2013), "Rabbi Jacob, il va lire... au café des Psaumes !"

Pour lire l'article, cliquez ici.

Le Nouvel Observateur (28 février - 6 mars 2013), "The Pletzl to be"

Pour lire l'article, cliquez ici

Frankfurter Allgemeine Zeitung, jeudi 6 octobre 2011, n° 232

 Le Café des Psaumes à Paris

"Des nuages sombres se bousculent dans le ciel bleu parisien, une averse surprend quelques passants, qui à l’instant encore bavardaient et pique-niquaient sur la place des Vosges, l’un des plus beaux espaces vert de la ville. Autant dire qu’ils furent nombreux à trouver refuge dans un café, à quelques pas de la rue des Rosiers, en plein cœur du Marais, le vieux quartier juif. On s’y sent tout de suite comme à la maison. La serveuse vous offre un café au lait comme si vous étiez ses hôtes et les clients, en majorité des personnes âgées, semblent tous se connaître. De temps à autre, une vieille dame se lève pour aller chercher des croissants aux amandes à la boulangerie casher d’à-côté. Les nouveaux venus sont rapidement interpellés. « Mauvais temps, n’est-ce-pas ? », « Vous voulez un croissant ? », « Il faut essayer le strudel au pavot », « Vous aimez Paris ? ».
Un vieil homme en costume écoute la conversation des deux étrangers avec une curiosité non dissimulée et demande dans un allemand étrangement guttural s’ils ne viendraient pas d’Allemagne par hasard ? « Ah ! D’Allemagne, de Munich même ! Quelle région merveilleuse ! » Lui-même avait travaillé dans un hôtel luxurieux de la région, dans sa jeunesse. Puis il ajoute en souriant, comme pour faire une bonne blague : « C’était au camp de Dachau. » Mais avant que les touristes n’aient le temps de sursauter et d’échanger un regard gêné, la tablée entonne une chanson allemande : « Ô magnifique Bavière montagneuse et toi Munich, superbe et joyeuse ! » Ils y étaient retournés des années plus tard pour voir si leurs souvenirs étaient exacts, et oui, leur mémoire ne leur avait pas fait défaut. Et la bière et les châteaux des rois ! Le vieil homme était enfant à l’époque de Dachau, ses deux parents y étaient morts. La famille était d’origine polonaise. Vers la fin de la guerre, il avait traversé tout Paris avec son frère pour rejoindre des parents et y avait fait toute sa carrière comme électricien. Paris était sa ville, il occupait un appartement ici, dans le Marais, depuis des années. « Mais la Bavière, c’est vraiment magnifique. » Une dame s’exclame soudain : « Sylvie, viens ici, on a des clients d’Allemagne ! » La serveuse apporte une chaise supplémentaire. « Ah, l’allemand, la langue de l’esprit ! Goethe, Heine, Rilke, quels poètes grandioses ! ».

La serveuse explique avec un sourire aux clients sidérés qu’elle est professeure de  philosophie à l’université. Elle ne fait que du bénévolat dans ce café associatif, deux fois par semaine.

Un café associatif ? Sylvie désigne du doigt l’agitation de la rue : « Plein de boutiques chics, des magasins pour les touristes et les gens riches. Les anciens magasins juifs, les stands de fallafel et les commerces artisanaux tendent à disparaître. Une personne âgée peut vite se sentir un peu perdue. »

Pour l’Œuvre de Secours aux Enfants, une association sociale qui s’occupait à l’après-guerre des enfants orphelins et qui jusqu’à aujourd’hui promeut la culture juive, c’est là une raison suffisante pour soutenir ce lieu.
Tous ceux qui entrent dans le café sont les bienvenus. Au Café des Psaumes, le petit noir coûte seulement un euro, il y a des petits concerts de musique juive, des séances de lecture et  des soirées karaoké, on peut y jouer à des jeux de société et d’entraînement cérébral. Une très vieille femme pénètre dans la pièce, se dirige vers le piano et joue un air avec emphase. « Elle a quatre-vingt-quinze ans et elle n’est pas juive, mais elle habite dans le quartier et vient régulièrement jouer ici, parce qu’elle se plaît chez nous », dit Sylvie, tout en lançant un « Salut, Fafa ! ».

Avant de retourner chercher un café, elle raconte encore: son père est né à Berlin, sa mère à Vienne, sa famille est originaire de Czernowitz, et bien sûr, comme la plupart des personnes présentes dans la pièce, elle a perdu des membres de sa famille durant la Shoah. Sa fille apprend l’allemand au lycée, cela va de soi pour une personne cultivée, il faut pouvoir lire les grands philosophes dans le texte. Les tasses de café sont vides, le ciel de Paris est de nouveau bleu. Les Allemands quittent le café. « Au revoir ! », leur dit-on en faisant un signe de la main. Toute cette cordialité inattendue les accompagnera tout au long de leur séjour."